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Langue
Français
Résumé
Philippe Druillet est un des noms importants de la bande dessinée depuis les années 1960. Mais il n’est pas que cela. Avant de se lancer dans la carrière, il a été photographe et comédien (dans la troupe du Théâtre du Soleil d’Ariane Mnouchkine). Le succès qu’il a rencontré avec ses premiers albums chez Dargaud a permis qu’il se reconvertisse plus tard dans la sculpture de pâte de verre pour Daum, le décor d’opéra (pour le projet non abouti Wagner Space Opera de Rolf Liebermann), le décor de feuilleton TV (Les Rois maudits de José Dayan, d’après Maurice Druon), l’affiche de film (La Guerre du feu et Le Nom de la rose de Jean-Jacques Annaud), la réalisation de dessins animés (Le Clone, Xcalibur)… tout continuant à éditer, à intervalle régulier sous divers labels, des albums de bande dessinée. Découvert en 1966 par l’éditeur Eric Losfeld (Le Mystère des abîmes), révélé par Pilote en 1970 (Les Sept voyages de Lone Sloane puis Délirius (scénario de Jacques Lob), Druillet a été, avec Jean Giraud/Moebius, l’un des acteurs majeurs de la révolution formelle qu’a connue la bande dessinée dans la décennie 70. Grand lecteur de science-fiction et de fantastique (ses premières histoires portent la marque de Catherine Moore, Jack Vance, Michael Moorcock et surtout H.P. Lovecraft), marqué graphiquement par Gustave Moreau et tous les symbolistes mais aussi Jack Kirby, il conçoit ses récits comme des suites de grandes fresques baroques aux couleurs contrastées qui font fi du découpage classique de la bande dessinée, tout en offrant cependant la possibilité d’une lecture narrative effective. Son impact initial sur les auteurs de bande dessinée des années 1960 est énorme : il démontre, dans sa démesure même, que la bande dessinée peut être le lieu d’expérimentations formelles radicales. La Nuit, dont nous présentons aujourd’hui une planche, occupe une place à part dans l’œuvre de Druillet. Commande du mensuel musical Rock and Folk, il paraît dans la page du magazine en 1975 et 1976, alors même que l’épouse de Druillet, atteinte d’un cancer, est en train de mourir. La Nuit, initialement histoire de gangs de motards rivaux dont les mœurs tribales incluent des cérémonies où la musique rock occupe une place centrale, se transforme au fil des pages en un magistral opéra funèbre et incandescent à la gloire de la défunte, dont des photos sont incluses dans les dernières pages du récit. Mélange d’imagerie de science-fiction (la créature-machine qui surplombe la horde s’avançant vers le lecteur) et de préhistoire (les motards brandissant des massues), cette page annonce, par les deux médaillons qui se font face en bas de la planche, l’ultime affrontement des deux bandes rivales. Comme l’indique les mots énormes («Ende», c’est-à-dire «fin» et «Death», «la mort») qui ornent le haut et le bas de cette page, le combat sera sans merci et personne n’en sortira vivant.
Type d'œuvre
Planche
Droits
droits réservés
Source
musée de la bande dessinée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Cote
77.2.1
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