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Langue
Français
Résumé
Certains auteurs ont la tentation de «faire les malins». C’est une critique qu’on n’a jamais pu adresser au regretté Charlie Schlingo (1955-2005). Lui prenait plaisir à faire l’imbécile. Frappé enfant par la polio, Charlie Schlingo s’est créé un monde imaginaire nourri des aventures de Popeye et des «petits formats» à deux sous dont les titres foisonnaient dans les années 50 et 60. À lire ses bandes dessinées, on peut considérer qu’il n’est jamais sorti de ces lectures d’enfance, poussant jusqu’à l’absurde un parti-pris de bêtise et de vulgarité, comme pour donner superlativement raison à ceux qui précisément accusaient la bande dessinée d’alors d’ineptie et de laideur. Apparu dans le petit monde des publications amateur au milieu des années 1970, il publie en compagnie de quelques amis Le Havane primesautier, qui se signale d’emblée par une prédilection pour les héros crétins et les histoires idiotes. Remarqué par Georges Wolinski, il intègre l’hebdomadaire BD en 1978 et fournit une page hebdomadaire des aventures de Tamponn Destartinn, qui suscite des réactions contrastées chez les lecteurs. Il paraît également dans Charlie Mensuel et Hara Kiri. Par la suite, il publiera dans la plupart des titres de bande dessinée pour adultes de l’époque (Métal Hurlant, L’Écho des Savanes, Pilote). En 1991, il est la cheville ouvrière du journal pour enfants Grodada, lancé par Georges Bernier, alias le Professeur Choron. Grodada fait tache dans le paysage de la presse pour enfants: aucune revendication éducative dans les pages de ce magazine, mais au contraire une joyeuse exaltation du folklore obscène des enfants. L’expérience tourne court au bout de quelques mois, à cause d’erreurs de gestion. Il travaille ensuite avec Michel Pirus (Canetor, pré-publié dans un supplément régulier de Picsou Magazine), publie ensuite des livres pour enfants, un recueil de poèmes (Le Pantalon en 1996), des CD (il chante et écrit des textes de chanson au sein du groupe les Silver d’argent) jusqu’à ce jour de 2005 où il meurt chez lui, des suites d’un accident domestique. Jean Teulé et Florence Cestac lui consacrent une biographie en bande dessinée, parue en 2009 sous le titre Je voudrais me suicider mais j’ai pas le temps. La page de Schlingdejnou contre la BD punk présentée aujourd’hui date des débuts de la carrière de Schlingo (elle a paru dans Charlie Mensuel en 1978). Elle est emblématique de la manière schlinguienne: enfilant les clichés (les premières cases reprennent l’ouverture habituelle de bien des récits policiers), Schlingo les disqualifient par l’outrance même avec laquelle il les croise avec des dialogues idiots («Les enfants, ça ne va pas être de la tarte! – Gaspos! Mais alors qu’allons-nous manger?») et des trivialités (le personnage qui parle de ses pieds qui puent - les odeurs corporelles sont une constante de l’univers de Schlingo). On remarquera pourtant que, par-delà les scénarios improbables et les dialogues idiots, Schlingo est un maître du découpage efficace qui s’offre même, avec la case ronde initiale, le plaisir d’une fioriture ornementale.
Type d'œuvre
Planche
Droits
droits réservés
Source
musée de la bande dessinée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Cote
97.13.1
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