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Langue
Anglais
Résumé
«Shazam», formule magique qui invoque une puissance supérieure, est si courante qu’on ignore souvent qu’elle est née en 1940, dans les pages d’un comic book américain. C’est en effet à cette date que le dessinateur Charles Clarence Beck publie les premières aventures de Captain Marvel, éditées par Fawcett Publications. Bill Parker rédige les scénarios (d’autres rédacteurs, dont Otto Binder, interviendront ensuite sur la série, Beck lui-même n’écrivant quasiment aucune des histoires du personnage). Le héros de Captain Marvel est Billy Batson, jeune garçon que la rencontre avec un vieil homme doté de prodigieux pouvoirs va transformer en super-héros. Le vieillard lui dit s’appeler Shazam et lui propose de prendre sa place comme super-justicier combattant les forces du mal. Il lui suffit de prononcer la formule «Shazam» pour se transformer instantanément en un adulte doté de formidables pouvoirs: la sagesse, symbolisée par le «S» (pour Salomon), la force («H» pour Hercule), la vigueur («A» pour Atlas), le pouvoir («Z» pour Zeus), le courage («A» pour Achille) et la vitesse («M» pour Mercure). Flanqué d’un costume flamboyant (une cape et un justaucorps rouges, la poitrine étant ornée d’un bel éclair jaune), Captain Marvel ressemble à un super-héros classique, mais diffère de ses congénères par le ton et le graphisme résolument humoristiques de ses aventures. Beck semble très attaché à cette dimension comique et, dans une rubrique régulière qu’il tiendra bien plus tard dans la revue spécialisée The Comics Journal, il critiquera à maintes reprises le «réalisme» et le sérieux de la production super-héroïque contemporaine aux États-Unis. Le succès rapide de la série pousse Beck à fonder un studio au sein duquel il occupe une place de directeur artistique, à la fois pour Captain Marvel et les personnages satellites de la série, et des bandes publicitaires pour la presse. Mais Captain Marvel cesse de paraître au début des années 1950: les ventes baissent et DC Comics a lancé une procédure judiciaire contre Fawcett pour violation de copyright, les responsables de DC considérant que les ressemblances entre Captain Marvel et leur héros Superman sont trop nombreuses pour qu’on puisse parler de coïncidence. Beck se reconvertit alors dans l’illustration publicitaire, puis devient patron d’un bar à Miami, tout en essayant de placer des projets chez différents éditeurs. Plus de vingt ans après son interruption, Captain Marvel reparaît en 1973 chez l’éditeur DC, celui-là même qui avait obtenu son arrêt. La série est rebaptisée Shazam!, mais à la suite de différends éditoriaux, Beck abandonne la série qui continue sans lui. A la fin de sa vie, Beck peint des toiles recréant les couvertures des comic books des plus célèbres super-héros de la tradition américains, dont le personnage qu’il a créé. Il meurt en 1989, des suites d’une affection rénale. La planche possédée par le musée date de 1942. On y voit Captain Marvel prononcer la formule «Shazam» afin de déclencher la foudre qui lui permet de détourner l’attention alors qu’il se transforme en Billy Batson. Des hommes des cavernes manifestement anthropophages le capturent aisément et envisagent d’en faire leur prochain dîner (ils balancent entre l’accommoder en ragoût, en fricassée ou en hachis). La planche, d’un découpage très classique, est manifestement dessinée dans la perspective d’une mise en couleur, mais on peut être frappé par la façon très efficace dont sont posés les aplats de noir dans cette séquence qui se déroule entièrement sous la terre.
Type d'œuvre
Planche
Droits
droits réservés
Source
musée de la bande dessinée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Cote
2008.4.5
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