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Langue
Français
Résumé
Le fait que François Bourgeon, né en 1945 à Paris, se soit d’abord intéressé à l’art du vitrail en devenant assistant d’un maître-verrier dans les années 1960 n’est pas fortuit, quand on regarde sa «patte» d’auteur de bande dessinée, dans laquelle un découpage extrêmement élaboré, un travail très minutieux des rendus de lumière et de texture sont constamment à l’œuvre. Si l’on a découvert Bourgeon dans les années 1980, il a d’abord fait ses classes de dessinateur dans les titres de la presse pour enfants et plus précisément les hebdomadaires destinés aux jeunes lectrices. On trouve sa signature dès 1971 dans Nade et Lisette, puis il devient un contributeur régulier des titres jeunesse publiés par les éditions Fleurus. On le remarque d’abord pour Brunelle et Colin, série médiévale qu’il dessine sur scénario de Génin. Il collabore épisodiquement pour Pif Gadget, mais c’est la parution dans Circus en 1979 des Passagers du vent qui va lui apporter la notoriété. Il publie ensuite chez Casterman en 1983 Les Compagnons du crépuscule, autre série historique sur une période qu’il affectionne particulièrement, le Moyen Âge. Ces deux séries le font reconnaître comme l’un des maîtres (avec André Juillard) d’une nouvelle bande dessinée historique qui se développe dans les années 1980. Il s’éloigne ensuite de l’histoire en s’associant avec le scénariste Claude Lacroix pour une série de science-fiction intitulée Le Cycle de Cyann, qui frappe par la minutie de sa restitution. Le sens du détail, le souci de la véracité (ou, dans Le Cycle de Cyann, de la plausibilité) est l’un des traits marquants des créations de François Bourgeon, ainsi que sa volonté de fournir au lecteur le maximum d’informations visuelles et textuelles, afin qu’il puisse s’immerger au maximum dans l’histoire qu’on lui raconte. Les cases donnent dans chaque page l’impression d’être «serrées» les unes contre les autres, et les bulles de dialogue sont très souvent collées sur toute la largeur de la case. On retrouve ces caractéristiques dans la planche aujourd’hui présentée, extraite du Comptoir de Juda, troisième tome des Passagers du vent, bien que le découpage paraisse hétérodoxe par rapport à la pratique habituelle de Bourgeon. Cette page, constituée de trois grandes images et de trois petites, inaugure une nouvelle séquence de son récit, jouant sur les imbrications des cases les unes dans les autres. On sait que Les Passagers du vent raconte les aventures de la jeune, belle et émancipée Isa qu’un destin capricieux va entraîner dans des aventures maritimes où se croisent les thèmes de l’émancipation personnelle (bien dans l’esprit de l’époque des Lumières), de l’esclavage et de la liberté. On remarque immédiatement le contraste entre le rendu méticuleux du bateau à voile de la première case et le vide relatif de la seconde, image sous-marine où tournent deux inquiétants requins. La troisième grande case occupe le tiers inférieur de la page et montre dans toute sa largeur la côte où se trouve le comptoir négrier anglais qui est la destination du bateau convoyeur de «bois d’ébène». Le dialogue entre trois des personnages principaux de cet épisode confirme ce que les requins suggéraient métaphoriquement: le récit va aborder des rivages dangereux, et ce que cette case horizontale pouvait suggérer de paradisiaque (soleil, mer et île de carte postale) est littéralement «bouché» par les trois inserts de cases montrant des visages soucieux.
Type d'œuvre
Planche
Droits
droits réservés
Source
musée de la bande dessinée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Cote
90.35.2
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