Les collections numérisées
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Langue
Français
Résumé
Quelque part entre la légende de Philip Marlowe, Nestor Burma et consorts et la réalité bien plus terre-à-terre des missions accomplies par les vrais détectives, on trouve Jérôme K. Jérôme Bloche. Eternel post-adolescent vivant maritalement avec la pétillante Babette, il exerce de nos jours à Paris. Inventé en 1982, il vit d’abord quelques courtes aventures dans les Spirou Album +, avant de devenir un invité régulier des sommaires de l’hebdomadaire, où il paraît depuis maintenant plus de trente ans. Vingt-deux albums et des intégrales ont paru dans une série qui lui est dédiée. Initialement imaginé par les scénaristes Serge Le Tendre et Makyo, Jérôme K. Jérôme Bloche est depuis la fin des années 1980 complètement pris en charge par le dessinateur Alain Dodier. Avec le même Makyo, Dodier a par ailleurs réalisé la délicieuse série Gully, savoureux mélange de merveilleux et d’humour, qui n’a sans doute pas rencontré le succès qu’elle méritait. À première vue, Jérôme est un détective classique: il porte chapeau et trench-coat. Mais à y regarder de plus près, il ne correspond qu’imparfaitement au portrait habituel du privé: lunaire et volontiers farfelu, il circule en solex et se signale par sa façon hétérodoxe de mener les enquêtes. Mais c’est tout de même un vrai professionnel qui a à son actif la résolution de nombreuses énigmes, où il fait preuve d’une vraie sagacité et paye de sa personne plus souvent qu’à son tour. Le classicisme affiché de Dodier, qui le place dans la lignée des Jijé et Follet, fait tout le prix d’une série qui excelle à rendre les ambiances, qu’elles soient urbaines ou campagnardes. Au fil des albums, Dodier a mis en place le «petit monde» de Jérôme (sa fiancée, sa voisine voyante, le commerçant arabe de sa rue…) qui fait tout le prix d’une série qui balance avec bonheur entre suspense et humour. La planche tirée de nos collections témoigne avec éloquence de ce double registre de comique et de suspense: on voit Jérôme courir après le Solex qu’on vient de lui barboter sous son nez, puis rejoindre son bureau par un itinéraire digne d’un alpiniste (il a égaré ses clés et, à l’évidence, ce n’est pas la première fois). Le ton badin du texte de monologue contraste avec l’atmosphère dramatique de la dernière case, cadrée en contre-plongée, qui permet au lecteur de voir la menace à laquelle le héros tourne le dos. L’aventure commence… On notera l’usage dramatique des noirs dans cette page parue en couleur, et le discret clin d’œil que constituent, dans la dernière case, les photos épinglées au mur de Robert Mitchum et Humphrey Bogart. Décidément, Dodier connaît ses classiques.
Type d'œuvre
Planche
Droits
droits réservés
Source
musée de la bande dessinée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Cote
2000.7.5
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