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Langue
Anglais
Résumé
Bringing Up Father (« La Famille Illico » en français) est un classique de la bande dessinée américaine, réputé à juste titre pour son humour, la modernité de sa narration et l’élégance de son graphisme. Son auteur, George McManus (1884-1954), publie ses premiers dessins dans la presse américaine dès l’âge de quinze ans, puis enchaîne une impressionnante série de strips dont les plus notables sont Nibsy the Newsboy in Funny Fairyland, très directement inspiré du Little Nemo in Slumberland de Winsor McCay, et The Newlyweds (« Les jeunes mariés »), sur les malheurs domestiques d’un jeune couple et de leur très remuant bambin. Cette dernière série remporte un grand succès et incite le magnat William R. Hearst à prendre McManus sous contrat pour une nouvelle série. Ce sera Bringing Up Father, qui débute en 1913. L’argument de la série vient, dit-on, d’un souvenir de jeunesse de McManus. Enfant, il avait vu une pièce de théâtre brocardant le ridicule d’une famille d’Irlandais exposés à une richesse aussi soudaine qu’immense. Il reprend l’argument, en imaginant que le père de famille (appelé Jiggs) a fait la fortune de sa famille en jouant aux courses. Soudain dégagé des contraintes du salariat, Jiggs lui-même ne rêve que de continuer à taper le carton avec ses vieux amis, tandis que son épouse et sa fille, enivrées de ce soudain afflux d’argent, se comportent en complètes parvenues, cultivant les relations mondaines et arborant les signes trop voyants d’un luxe tapageur. Le rire naît bien sûr du décalage entre le naturel brut de décoffrage (c’est un ancien maçon) de Jiggs et les prétentions outrancières de sa femme et de sa fille. Cette thématique éternelle est mise en scène par McManus avec une impressionnante maestria, et Bringing Up Father est une réussite formelle exceptionnelle, tout entière baignée dans une esthétique Art nouveau parfaitement maîtrisée. Le trait est d’une souveraine élégance et l’on a fort logiquement cité McManus comme l’un des inspirateurs d’Hergé (Hergé lui-même avouait sans ambages avoir « emprunté » le nez de Tintin à Jiggs). Grand succès avant-guerre, la série a fait l’objet d’édition en albums, d’adaptation théâtrale et cinématographique, avant que son étoile ne pâlisse après la Seconde Guerre mondiale. Après la mort de McManus, de nombreux dessinateurs ont prolongé la série, qui s’est arrêtée en 2000. A cette date, elle était la série américaine qui avait connu la plus grande longévité. La planche de cette semaine est d’une tonalité inhabituelle dans la série. En compagnie de quelques amis, Jiggs évoque le « bon vieux temps » de leur jeunesse commune. Chacun y va de son anecdote nostalgique, comique ou douce-amère. Suite elliptique de « moments » qui auraient pu chacun donner lieu à de plus amples développements, cette page dégage un subtil et séduisant parfum de mélancolie.
Type d'œuvre
Planche
Droits
droits réservés
Source
musée de la bande dessinée - la Cité internationale de la bande dessinée et de l'image
Cote
79.1.93
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